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Pourquoi le Cercle "Lamartine" ?

Célèbre poète, Alphonse de Lamartine fut aussi une personnalité politique majeure du 19ème siècle.

Né en 1790 dans le Mâconnais, seul garçon de la famille, il hérite de tous les domaines de ses parents. Sensible à l’injustice que constitue cette situation, il s’engage à partager le bien familial en versant une rente à ses cinq sœurs.

Devenu attaché d’ambassade en Italie après son mariage avec Marianne-Elisa Birch, il voyage beaucoup.

D’abord monarchiste, ses convictions évoluent après la révolution de 1830 : il devient libéral et se décide à l’action politique.

Candidat malheureux à la députation en 1832, il part visiter la Grèce, le Liban, et va jusqu’au Saint Sépulcre pour raffermir ses convictions religieuses, qui seront pourtant ébranlées par le mort de sa fille unique Julia.

Il est finalement élu député en 1833.

Voulant garder son indépendance, fin politique, il ne sert aucun parti et « siège au plafond », c'est-à-dire au-dessus des partis (physiquement, il siégeait tout en haut de l’hémicycle).

Orateur influent, il se fait l’apôtre d’un "christianisme libéral et social".

Il travaille avec conscience, se déplaçant lentement vers une vision de plus en plus sociale de la politique.

En fait, il va vers un but dont ne se doutent ni ses amis ni ses ennemis.

Il a l’intuition que la vraie question est économique et sociale. Il sait que l’oppression conduit infailliblement à la révolution : l’ordre injuste est un désordre auquel seule la République peut remédier.

Chez les conservateurs, on le prend pour un « rusé » au service de leurs intérêts.

Opposant discret à la monarchie de Louis-Philippe, en 1848 Lamartine est néanmoins placé à la tête de la République par les conservateurs, aux côtés d’Arago. Mais il ne mène pas la politique voulue par l’Assemblée qui comprend quel jeu politique il avait joué au service de ses idées pour parvenir au sommet de l’Etat...

La haine de ses anciens « amis » l’oblige à se démettre.

Le Général Cavaignac va réprimer la révolution de 1848.

Comme le précise la nouvelle constitution votée le 4 novembre, la désignation d’un Président de la République nécessite l’organisation d’élections au suffrage universel. Lamartine se déclare candidat mais ne recueille que 8.000 voix contre 5.430.000 à Louis-Napoléon Bonaparte qui deviendra bientôt Napoléon III : la fin politique d’Alphonse de Lamartine est scellée.

Homme d’honneur, bien que ruiné, il s’efforcera toujours de tenir sa promesse, en continuant de verser à ses sœurs la rente qu’il s’était engagé à leur servir.

Paralysé après une attaqua cérébrale en 1867, il meurt en 1869 à Paris.


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